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Y a-t-il des solutions de rechange au fax dans les systèmes de santé au Canada?

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Le 12 mai, la Presse canadienne rapportait que, à l’échelle du Canada, la pratique de comptabiliser les décès par télécopieur était archaïque. Selon cette méthode, les médecins inscrivent les décès sur papier et envoient ensuite l’information par télécopieur à Statistiques Canada, qui compile les données. Cela peut prendre des années avant que les autorités de la santé publique puissent avoir accès à des bilans de décès fiables.

Par conséquent, il est donc très difficile d’avoir des données en continu sur le nombre de décès au Canada. Cela est d’autant plus alarmant en situation de pandémie. Concernant le taux de mortalité attribuable à la COVID-19, cela signifie que les données accusent un retard qui peut nuire à la santé publique.

Le Canada et le Québec peuvent-ils encore effectuer un virage numérique en santé? Si oui, comment? Et pourquoi tardent-ils à proposer des solutions durables? Voilà des questions essentielles que les médias ont posées au Dr Jean-François Ethier, codirecteur scientifique du GRIIS.

Dans une entrevue radio à Drainville PM, le Dr Ethier a expliqué que le retard technologique est attribuable au sous-investissement en santé publique. Les gouvernements ont plus investi dans les services avec lesquels les citoyens interagissent directement, comme le Dossier santé Québec (DSQ) ou les dossiers médicaux électroniques (DMÉ) que les médecins utilisent en clinique.

Le Dr Ethier a insisté sur le fait que le Québec possède les compétences techniques et les connaissances scientifiques pour créer des solutions numériques efficaces en santé. Par exemple, en collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, le GRIIS a développé une plateforme qui permet aux gestionnaires de santé de s’assurer que les bons médecins se retrouvent à la bonne place durant la pandémie.

Le Dr Ethier a également décrit PARS3, une plateforme que le ministère de la Santé et des Services sociaux reconnait comme solution sécuritaire pour faciliter les échanges de données à partir des DMÉ. Grâce à PARS3, les médecins en clinique auront accès aux données de laboratoires et de prescriptions de leurs patients, pourvu que ceux-ci donnent leur consentement.

Dans un entretien à l’émission radio Par ici l’info, le Dr Ethier a remarqué que l’Alberta et la Nouvelle-Écosse ont déjà mis en place des solutions de transfert numérique des données. Ainsi, la santé publique de ces provinces reçoit les informations en temps réel.

Bien que les solutions, les compétences et les connaissances existent, il faut aussi un engagement à la fois politique et citoyen pour que la situation s’améliore. Lors de son passage à l’émission Salut Bonjour à TVA, le Dr Ethier a dit souhaiter que les instances développent une vision à long terme dans le domaine de la santé numérique.

Le Canada et le Québec sont aux prises avec divers systèmes informatiques qui ont du mal à communiquer les uns avec les autres. Chaque système utilise son propre langage pour répondre à des besoins précis. Une solution comme PARS3 permettra de faciliter les échanges de données entre ces systèmes.

En s’inspirant du modèle européen, le Dr Ethier a soutenu que nous pouvons envisager un système de santé où les données sont accessibles de manière confidentielle et sécuritaire.

Le développement d’un système de santé plus efficient et équitable nécessite une volonté politique. Cette volonté de faire bouger les choses rapidement semble présente actuellement. Il ne suffira pas d’injecter des investissements conséquents, a dit le Dr Ethier. Cela ne représente que la moitié de la solution. Il faudra aussi que tout le monde veuille de la nouvelle solution.

Révisions

7 juillet 2020 – Le vidéo de Salut Bonjour sur le site web de TVA a été archivé et n’est plus disponible. Il s’agissait de l’émission du vendredi 5 juin 2020. 

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